Bienveillance, empathie, gentillesse, « care », écoute, compassion, intelligence du cœur, confiance, authenticité, partage, collaboration, fraternité, … Assurément tout le monde en parle, tout le monde a envie d’être bienveillant, ça fait chaud au cœur, ça donne de l’espoir dans l’humanité, ça présage des jours meilleurs pour nos relations amicales, professionnelles, pour les animaux, les plantes, la planète même qui en bénéficierait…Et les managers ont intérêt à s’y mettre !

Magnifique, enthousiasmant ! Pourquoi n’y avons-nous pas pensé plus tôt ? Suffirait-il de le vouloir bien fort ? De l’inscrire sur son agenda ?

LA BIENVEILLANCE, CE N’EST PAS SI SIMPLE !

  • Notre système biologique reptilien (le cerveau le plus ancien) veille sur nous et tire la sonnette d’alarme dès que nous nous sentons en insécurité (devant l’inconnu, la différence, en cas de stress, d’agression, de mauvaise foi, etc.). Peur, colère, tristesse, déclenchent fuite, combat ou repli. La réaction émotionnelle se fait très vite, avant que notre cortex (le cerveau le plus récent) ait eu le temps d’analyser la situation. Le geste, la phrase nous échappent… et nous les regrettons parfois.
  • Notre conditionnement éducatif nous a modelés à juger les autres (« C’est un incapable ! »), à en faire des ennemis en cas de problème, et à les rendre responsables de nos malheurs. « Le « tu » tue », dit Jacques SALOME. C’est plus facile à vivre, dans un premier temps (c’est de la faute de l’autre !), ce qui explique que ce fonctionnement ait perduré chez les humains.
  • Notre éducation (famille, école), ne nous a pas appris à être bienveillants avec nous-mêmes, à accepter nos émotions, notre vulnérabilité, nos besoins. Nous nous traitons souvent mal. Ce faisant, nous n’imaginons pas la vulnérabilité des autres – inconnus, différents, agressifs, de mauvaise foi.
  • Nous baignons dans un monde de compétition, de réussites individuelles, de comparaison, d’évaluation, un monde dans lequel être qualifié de « gentil » est désobligeant !

Pas si simple donc !

COMMENT FAIRE ?

Comment se déconditionner, pas à pas, comment apprendre de nouvelles attitudes, de nouveaux comportements ?

C’est un travail sur soi, qu’on peut faire à plusieurs, en formation.

  • Se donner de l’empathie : remplir notre « vase de bienveillance » ! Si nous n’avons pas reçu d’empathie ou pas assez, comment en donner ? Nous pouvons nous mettre à l’écoute de nos ressentis, les valider, les accueillir ; ils sont le signe que nos besoins sont satisfaits, ou non, et accepter notre vulnérabilité d’humains. Nous pouvons nous pardonner les jugements, les réactions de colère et même de tristesse qui sont des réponses malhabiles à notre souffrance. Nous pouvons accepter nos limites et être « notre meilleur ami ».
  • En recevoir ! Nous pouvons découvrir par l’échange, l’écoute et la compréhension de l’autre le « baume » de la bienveillance. Y prendre goût en continuant de remplir le vase ! On peut même oser en demander à son collègue, à son responsable, à son collaborateur !! Si si !
  • En redonner ! Alors et alors seulement, à petits pas, nous pouvons à notre tour écouter, comprendre, découvrir la vulnérabilité de l’autre, pardonner. L’autre devient une personne, qui fait de son mieux, comme elle peut pour satisfaire ses besoins, comme nous, même si les actions qui en résultent sont désastreuses ou inefficaces…et notre bienveillance peut alors désarmer les échanges difficiles.

LA BIENVEILLANCE A DES LIMITES

  • Les personnalités difficiles et toxiques : certaines sont à fuir toutes affaires cessantes, si on peut !
  • Les organisations dysfonctionnantes (il faut que tous jouent le jeu à commencer par le Top Management !)
  • Mais surtout, surtout nos propres limites quand nous sentons que nous ne sommes pas capables de bienveillance. Pourquoi ne pas dire : « Là je ne me sens plus en état de parler avec toi, je propose qu’on remette cette discussion à plus tard », avec authenticité et sincérité.

Magnifique chemin donc, enthousiasmant, bon pour le moral et le chiffre d’affaires mais, de grâce, accordons-nous le temps de faire ce chemin à notre rythme… avec bienveillance !

Quelques écrits, que je vous conseille de lire :

« Comment apprivoiser son crocodile » – Catherine AIMELET-PERRISSOL (la Logique Emotionnelle)
« Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs » – Marshall ROSENBERG (la Communication NonViolente)
« Comment gérer les personnalités difficiles » – François LELORD, Christophe ANDRE
« Oser travailler heureux » – Jacques SALOME