Il y a pratiquement autant de définitions du BIM que d’utilisateurs ou supposés tels. Dans une première approximation, les termes de BIM et maquette numérique sont utilisées de manière interchangeable. Dans les faits, le BIM est à la fois un logiciel, une base de données, un processus collaboratif voire une méthode de management. La maquette numérique contient une base de données et une représentation graphique, en 2D ou en 3D, du bâtiment. Plus précisément, la base de données associée à la maquette numérique contient l’ensemble des composants techniques du bâtiment. Des composants traités comme des objets et à chaque objet peuvent être associées des caractéristiques techniques, marque, modèle, taille, résistance au feu, acoustique…

Le Modèle et terme Anglo-Saxon créé en 2010, trouve sa déclinaison en français du terme BIM : Bâtiment et Informations Modélisés. Cette définition recouvre le modèle (au sens avatar virtuel) numérique de l’ouvrage ou du patrimoine, que ce soit en termes graphiques (2D ou 3D BIM) ou informatifs (base de données dynamique).

La France n’est pas en retard mais il ne faudrait pas trop tarder quand même … «Nous nous sommes livrés à un benchmark international sur l’utilisation du BIM et pour identifier les bonnes pratiques, Nous en avons identifié de nombreuses en Finlande, en Norvège, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, à Singapour…» A Singapour justement, le Building and Construction Authority a mis en place une feuille de route en 2010. Objectif : 80% de chantiers réalisés en BIM d’ici à 2015 et 100% en 2016. Avec à la clé un gain de productivité estimé à 25% à l’horizon 2025.

L’exploitation des bâtiments comme booster du BIM

C’est le point majeur. Impossible d’envisager un déploiement du BIM si les opérations aval de construction, tout ce qui se passe après la réception des travaux, n’en bénéficient pas. Outre qu’il puisse être envisagé pour gestion numérique et durable du patrimoine, le BIM doit permettre des gains en phase exploitation. En exemple, une réduction du coût de l’assurance construction grâce à une meilleure maîtrise des risque liées au bâtiment par une meilleure maîtrise de l’information, une exploitation plus adaptée au bâtiment et donc plus performante grâce à l’obtention des données et calculs de conception et à un suivi de la performance des matériels mais encore une réduction des coûts de non-qualité et des coûts du «mal vivre». «Ce peut être aussi l’occasion de mettre en place une «carte vitale» du bâtiment, souffle Pierre Mit. Tout au long de la vie d’un bâtiment, un nombre important de données sont collectées. Elles sont dispersées et surtout deviennent rapidement obsolètes. Le BIM pourrait résoudre une partie du problème en entretenant ce carnet de santé».

D’une manière générale, il est essentiel de réaliser des études économiques approfondies (assorties ou pas d’un observatoire ad hoc) pour mesurer l’impact du BIM, et plus largement du numérique, sur le coût global du bâtiment, y inclus l’exploitation et sa maintenance.

Diffuser et encourager l’usage du BIM

Parmi les propositions du rapport, nombreuses sont celles qui visent à introduire le BIM dans les démarches existantes ou à venir. Par exemple :

  • Intégrer le futur «passeport énergétique» sous une forme interopérable dans un univers BIM
  • Imposer la délivrance d’un DOE (dossier des ouvrages exécutés) et d’un DIUO (dossier d’intervention ultérieure sur ouvrage) dans un univers BIM, dans la construction neuve du secteur tertiaire à partir de 2018 et dans le logement à compter de 2020
  • Faire converger l’ensemble des obligations réglementaires afin qu’elles soient fournies en format compatible BIM de manière obligatoire à partir de 2017. L’idée serait de profiter d’obligations telles que l’annexe environnementale (pour les baux des bâtiments tertiaires) ou les diagnostics (amiante, plomb, gaz, électricité, DPE, loi Carrez…) pour compiler les informations sous un format convergeant afin de constituer le socle de la maquette numérique
  • Créer une procédure accélérée pour la délivrance d’actes administratifs (permis de construire, autorisation de travaux…) si la demande est fournie en BIM. Une expérimentation pourrait être engagée dès 2015 dans les territoires pilotes, avant une généralisation à l’ensemble du territoire en 2017
  • Intégrer le BIM comme, à terme, un élément obligatoire des certifications environnementales, à la fois dans le logement, le bâtiment tertiaire, et les futures usines….

La plus-value du Project Manager (BIM) sur le programme du client

L’apport professionnel, d’une Mission d’Assistance à Maitrise d’ouvrage permettra de bien préparer le dossier Architectural en corrélation avec les bureaux d’études. Ainsi la prise en compte des lots techniques, et des puissances à installer, « le gâchi » environnemental que l’on connait aujourd’hui, et les pertes financières que cela engendre au quotidien, pourraient ainsi être mieux gérés, donc maitrisés. La Coordination de l’exécution à inclure dans la mission, en serait plus aisée, et moins risquée.

Plusieurs pays ont déjà lancé d’importantes expérimentations sur la maquette numérique afin de faire adopter le Building Information Modeling (BIM) par l’ensemble des acteurs de la construction. Or, si le BIM est très utilisé en conception, peu de pays ou de collectivités locales l’utilisent comme un outil de gestion de patrimoine. C’est dommageable dans la mesure où des maquettes qui ne sont ni exploitées ni mises à jour deviennent rapidement obsolètes. L’utilisation de la maquette numérique en phase exploitation permettrait de positionner stratégiquement la France sur ce segment.

 

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