Encore un anglicisme ? Ce mot qui vient du verbe anglais «to blur» signifie «estomper», «effacer», «gommer». Il renvoie à l’effacement des frontières entre la vie privée et la vie professionnelle. Ces frontières ont été établies depuis la révolution industrielle où le lieu de travail a été séparé du lieu de vie.

Les cadres connectés

Aujourd’hui, la digitalisation permet une navigation de plus en plus systématique entre les sphères de la vie privée et de la vie professionnelle rendant perméable ses frontières. Les déplacements sont optimisés et constituent des espaces supplémentaires en temps de travail. Suivre les actualités sur les réseaux sociaux permet une absorption des informations en temps réel mais aussi échelonnée ou décalée en fonction de la disponibilité de chacun. Grâce à une souplesse au niveau du temps de travail, on peut quitter le bureau à 16h, aller chercher ses enfants, s’en occuper jusqu’à 21h00 et se remettre devant son ordinateur pour faire son rapport du jour ou finaliser ses dossiers.

Quel impact sur la motivation ?

Quelles sont les conséquences de ce nouveau fonctionnement sur l’humain ?

27 % des cadres français interrogés lors de l’étude menée par IPSOS en 2015 considèrent cet effet comme positif alors que 39% le considèrent comme une source de stress, et 28 % sont neutres. Ainsi, beaucoup de managers déclarent gérer des dossiers chez eux sur leur temps privé et traiter certaines de leurs affaires personnelles sur leur temps de travail.

Certains savent doser ces « navigations » entre les deux espaces et cela leur permet de réduire la pression des délais car ils gèrent leur temps en fonction de leurs priorités. D’autres peuvent avoir l’impression de travailler tout le temps du fait que le digital s’est immiscé dans leur quotidien.

Le « blurring » peut-il être un partenaire ?

Comment utiliser cet effet et le transformer en opportunité ? Le blurring peut-il devenir un outil pour mieux organiser sa vie ?

Un cadre ou un dirigeant ne s’arrête pas de réfléchir à 18h. Et ce n’est pas une raison pour mettre en danger sa vie privée. Autant se servir de l’effet blurring comme une opportunité et se réapproprier son temps en fonction de ses priorités.

5 conseils pour analyser votre fonctionnement et anticiper certains risques

  • Organisez votre journée en fonction des priorités et laisser des espaces pour gérer les urgences ou les imprévus,
  • Surveillez votre rythme biologique : privilégier les moments où vous êtes plus productif en réflexion pour réaliser ce type de tâches,
  • Réservez également du temps pour votre vie privée. Pour pouvoir prendre soin de vos équipes et de vos collaborateurs, il faut être serein et ne pas hésiter à déléguer certaines tâches organisationnelles liées à votre vie privée,
  • Anticipez vos départs en vacances : accordez du temps pour former ou informer vos collaborateurs des dossiers à suivre et des risques liés à ces derniers. Cela permettra de vous épargner des appels téléphoniques urgents et profiter pleinement de vos vacances,
  • Accordez du temps pour le redémarrage de votre activité au retour de vacances: évitez les rendez-vous le premier jour de reprise.

Enfin, bien que l’effet blurring gomme les frontières entre vie privée et vie professionnelle, il reste possible d’établir des micro-frontières d’organisation entre ces deux sphères. N’oubliez pas, celui qui veut aller loin, ménage sa monture !

Et si, malgré ces conseils, cela déborde, (c’est possible, vous êtes un humain!) n’hésitez pas à faire appel à des professionnels pour vous aider à prendre du recul et à réorganiser vos espaces de vie privée et professionnelle !