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Comment devenir vraiment efficace, (voir excellent) dans l’art d’esquiver les coups ? Sans les rendre !
La philosophie proposée dans cet article est non violente et tâche d’être exemplaire. « Si l’on pratique « Œil pour œil, dent pour dent », le monde entier sera bientôt aveugle et édenté. » – Gandhi

 

Je vous propose un protocole en trois étapes :

1: L’apprentissage, 2: L’entrainement,  3: La transmission

L’apprentissage

Tout d’abord, apprendre les différentes manières de réagir : les techniques ! Comme pour les pratiquants d’arts martiaux, des heures, des jours sur un tatami ; à apprendre, répéter, peaufiner des techniques. Et si on se fait agresser par surprise, on aura spontanément le bon réflexe, la technique adéquate. Parce qu’elle sera habituelle, maîtrisée, « ancrée », dans notre corps. L’art martial préconisé ici est l’Aïkido. Il est, pour notre propos, la métaphore idéale.

Quelques exemples de techniques efficaces :

Le R.B/Q.O* – les différents Edredons – le Sphinx – le Disque rayé – l’ECAPA – l’Humour – l’Approche paradoxale – la Démanipulation – la CNV – La répartie apprise- la comédie …

Et dans certains cas (si c’est fait sans méchanceté et avec talent) : L’Ironie – le retour à l’envoyeur – le pied de nez … mais risqué car ce sont des contre attaques qui incitent l’autre à surenchérir et le conflit peut s’envenimer.

Un exemple : le R.B/Q.O : Confronté à une critique, une objection ou question, ne pas répondre directement.

  1. Reformuler le Besoin de l’autre pour montrer votre écoute et votre compréhension
  2. Poser une Question Ouverte pour découvrir les autres motivations, intérêts, besoins, de la personne

Par exemple, à la remarque suivante : « Votre produit est trop cher », vous pouvez répondre :  » Je comprends que l’argent soit un facteur essentiel pour vous, quels autres critères sont importants dans votre prise de décision ? »
Mais encore, à « VOUS ÊTES INCOMPETENT !», vous pouvez répondre : « J’entends votre agacement et votre besoin d’être livré rapidement, que puis-je faire pour vous immédiatement ? Ou bien Vous pouvez répondre aussi (avec le sourire) :  » Un con, parfois, c’est vrai. Mais Pétant !?  Rarement en public !

Comme en Aïkido, nous proposons d’aller dans son sens, de l’encourager même, dans son « attaque », jusqu’à ce que l’attaquant s’aperçoive lui même de l’inefficacité de son agression, de son erreur.

Se faire respecter (ne pas prendre de coup), dans le respect de l’autre (ne pas lui faire de mal volontairement, lui laisser la responsabilité de ses actes) ; c’est ce qu’on nomme en communication : L’Assertivité. « Ni hérisson, ni paillasson » ; je ne sors pas les pics, n’agresse pas, et ne me laisse pas marcher dessus non plus. J’essaie d’être « plus intelligent », je prends sur moi, apaise mes émotions. Je regarde « l’autre » d’un œil positif, voir compatissant, si possible bienveillant. Je montre l’exemple aussi, en faisant « un pas » vers lui dans cette « non opposition », refusant le rapport de force. Si nous « jouons » le jeu du rapport de force, il y aura un gagnant et un perdant.

Sommes-nous sûr d’être toujours gagnant ? A court terme, peut-être ! Mais à moyen et à long terme ? Lorsqu’une personne a été « humiliée », rabaissée, lorsqu’elle a « perdue la face », (surtout en public), il y a de fortes chances qu’elle veuille se venger tôt ou tard ! On a toujours « la monnaie de sa pièce ». Les conséquences peuvent être désastreuses, non seulement matériellement, mais aussi en terme d’image et de réputation. Dans l’esprit de l’Aïkido, peu importe qui à raison, qui à tort, mais « qu’elle est la meilleure solution pour nous deux«  ? L’Aïkido, c’est l’art d’éviter le combat, en pratiquant, l’écoute, la compréhension, dans le temps présent ; en développant son sens de l’observation, le déplacement, l’esquive … C’est montrer à l’agresseur que son attaque n’a pas de prise sur nous.

De plus, « rentrer dans le combat », ça prend du temps ! Est-ce que nous avions programmé du temps pour « ça » ? N’avons-nous pas plus intéressant, plaisant, constructif à faire à la place ? Est-ce là notre finalité, que de démontrer à l’autre sa « bêtise » ou de lui faire la morale ?

Face à ces attaques, l’idée est donc d’utiliser des réponses qui permettent de couper court, le plus rapidement possible à la discussion. Travaillons donc à apprendre de nouvelles techniques de parades, d’évitement, de désamorçage. Il nous faut nous enrichir de nouveaux comportements et outils, car comme l’a dit Abraham Maslow : « Si votre seul outil est un marteau, vous aurez tendance à traiter tous les problèmes comme des clous » !

L’entrainement

« C’est en forgeant qu’on devient forgeron », nous propose le bon sens populaire. Comme pour les comédiens de théâtre et d’improvisation, pour progresser dans l’art de la répartie, il est nécessaire de répéter, le plus souvent possible en face à face, ou en public

Nous devons nous faire un peu violence et nous lancer ! Et recommencer encore et encore (« Progresser, c’est changer d’erreur »). Comme n’importe quel grand sportif, danseur, musicien, artiste, orateur charismatique, il faut « mouiller la chemise » ! (« Le génie c’est 1% d’imagination et 99% de transpiration »
T. Edisson)

Mais il ne suffit pas de répéter n’importe comment, car on peu reproduire toujours les mêmes erreurs. Nous devons nous analyser, nous autoévaluer, nous remettre en question constamment. Mais aussi demander à des personnes de confiance, du feed-back, des observations sincères. Pour que les autres osent nous dire ce qui est efficace ou non, nous devons leur demander de le faire. Nous pouvons également proposer nos services, et faire de même pour eux car n’oublions pas qu’il faut donner pour recevoir.

Pour changer nos réflexes inefficaces, nous devons comme en Aïkido, apprendre des techniques par cœur, afin qu’elles s’ancrent dans votre corps. Que nous puissions les utiliser spontanément, sans même y réfléchir ; surtout, sous le coup de nos émotions. Apprenons les phrases qui nous permettrons de répondre à ce qui nous touche le plus. Les « attaques » qui nous meurtrissent, nous démoralisent, nous mettent en colère très rapidement. Les critiques ou jugements que nous avons du mal à accepter et reconnaître. Celles sur nos opinions ou croyances très ancrées dans notre culture, religion, qui nous ont forgées, lors de notre éducation. Nous savons que nous avons certains comportements enracinés profondément et donc très difficiles à changer ; on ne se défait pas facilement de ce que l’on pratique depuis des années. Nous devons donc acquérir et intégrer ces nouveaux comportements reflexes.

« On ne se débarrasse pas d’une habitude en la flanquant par la fenêtre ; il faut lui faire descendre l’escalier marche par marche ». (Mark Twain)

La transmission

Dès que l’on commence à maîtriser les techniques, les enseigner, les expliquer, les faire pratiquer à des personnes de confiance, que l’on apprécie, sont les meilleurs moyens de les intégrer parfaitement. De plus, ce seront des personnes avec qui vous pourrez encore vous entraîner.

En effet, la meilleure façon de réellement comprendre en profondeur, de dominer son sujet, c’est en le transmettant. C’est aussi en s’expliquant aux autres, que l’on se comprend mieux soi-même.