Le mot digital, sorti tout droit du vocabulaire américain, pour remplacer le mot « numérique » en français, a fait son apparition dans les années 80, pour ne plus nous quitter ! Utilisé quotidiennement, il n’est plus réservé à une certaine élite, ni à des experts du monde d’internet. Bien au contraire, ce mot se retrouve partout, jusque dans les magazines destinés au grand public.

Avant de l’utiliser pour faire tendance, du genre « moi je suis en pleine digitalisation de mon entreprise », voyons tout d’abord ce que veut vraiment dire « digital ». Les différentes définitions se rejoignent dans les grandes lignes et j’ai fait le choix de vous présenter celle de Wikipédia.

Vous risquez d’être surpris !

Définition

Le terme digital tire ses origines du mot latin digitum qui signifie doigt et n’a en fait aucun rapport avec nombre ou numérique. Le seul vrai calculateur digital reste donc le boulier, instrument très ancien, toujours employé en Asie et qui nécessite qu’on se serve de ses doigts pour compter !

Source :  Wikipedia

Donc, étymologiquement parlant, il n’a rien à voir avec le numérique, quoi que…le parallèle peut être fait avec nos doigts, parfois malhabiles, qui tapent les textos sur notre smartphone.

Et la 3ème révolution de l’humanité, comme l’explique Michel Serre dans « Petite Poucette*[1] », est en marche. Un ouvrage que je vous invite à lire qui apporte un certain éclairage sur ce qu’internet et ses usages a comme impact direct et indirect sur l’évolution de l’Humanité toute entière.

Car c’est bien de cela dont il s’agit : ce phénomène ne se limite plus à une tendance « locale », un petit effet de mode passager. Il révolutionne profondément tous nos usages et touche toutes les couches de la population. Il est partout ce mot « Digital », et il est à toutes les sauces, même dans le monde de la gastronomie.

Et on parle de digitalisation des entreprises, mais aussi de digitalisation de l’emploi et des compétences, au point que l’on ne sait plus très bien à quel saint se vouer. Voyons donc qui sont ces nouveaux utilisateurs, dits « digitaux »

Les utilisateurs

Et nous, consultants, embarqués dans notre métier au quotidien, comment l’intégrer et surtout, avant de l’intégrer, faut-il se « digitaliser » ?

Avant de foncer tête baissée dans ce mot très « tendance », posons-nous tout d’abord la question de ce que nous voulons faire avec ces fameux outils digitaux.

Vient en premier lieu le jargon, parfois incompréhensible, ou du moins dont on ne comprend pas forcément l’usage. Le cas de Twitter l’illustre à merveille : inconnu du grand public il y a quelques années, il devient un véritable phénomène de mode (tout comme l’a été Facebook à son démarrage en France). Et l’on entend un peu partout ce mot (qui n’a rien de grossier) : « hastag ». On le voit de plus en plus sur les supports de communication visuels également.

Mais qu’est-ce qu’un « hastag » et comment l’intégrer dans son activité, surtout quand cet outil ne fait pas partie de son propre métier, et qu’il nécessite donc d’acquérir des compétences ?

Car l’objectif reste tout de même d’utiliser des outils, de les mettre à notre service, et non l’inverse. Inutile de dresser la liste des outils digitaux et des réseaux sociaux (il y en a beaucoup), des forums, blogs et newsletters où il est bon de s’abonner. Car chaque consultant a sa propre expertise. Et utiliser le digital à bon escient commence par cela : quels sont les outils numériques pertinents pour mon activité ?

Dresser une liste, prendre le temps de consulter, observer, analyser pour finalement sélectionner judicieusement les bons canaux pour son activité permet d’économiser beaucoup de temps. Il est totalement illusoire d’aller sur tous les réseaux sociaux, tel un papillon, et y consacrer peu de temps. Butiner par-ci par-là sur les différents outils digitaux aura un effet totalement contre-productif, et engendrera bien souvent de la frustration de la part de celui qui l’utilise.

En pratique

Pour quitter le monde de la frustration, des avis mitigés et commentaires du type « c’est chronophage et ça ne m’a jamais rien rapporté pour mon business », voyons le côté positif des choses. Le digital peut vous être utile pour :

  • organiser des événements
  • créer et animer un réseau
  • développer votre visibilité
  • vendre des produits ou services via le web
  • être reconnu comme expert
  • être identifié sur le net sur une thématique donnée
  • communique à un plus grand nombre d’individus
  • générer des leads via d’autres canaux
  • gérer la relation client
  • gagner du temps…

Et inutile d’avoir entre 18 et 25 ans pour faire partie de ceux qui utilisent le digital à bon escient. Bien au contraire, une approche plus mature de leurs usages, couplée à une expérience métier précise (être spécialiste ou expert dans un domaine donné) peut donner de très bons résultats. Car de plus en plus, juste être sur les réseaux sociaux ne suffit plus. C’est la valeur ajoutée que vous allez y créer, en partie, qui fera la différence.

Les chiffres

A la lecture de la liste de ce que vous pouvez faire avec les réseaux sociaux et le digital , on peut avoir tendance à se dire « Que d’opportunités » ! Et pourtant voici quelques chiffres qui montrent que toutes les entreprises n’ont pas encore franchi le cap : « Seulement 50% des 3,4 millions de TPE/PME françaises ont un site internet. 45% parlent de rigidité organisationnelle comme principale difficulté à déployer une stratégie numérique.31% d’entre elles ont un déficit de compétences numériques. Enquête réalisée auprès de 500 entreprises françaises. » Source : Laetos.com, mars 2015

Tout n’est pas perdu loin de là ! Et voici un chiffre qui pourrait vous encourager franchir le cap de la « digitalisation » : les entreprises qui ont réussi leur transformation digitale sont 26% plus rentables que leurs pairs. Source : webmarketing.com, mars 2015

Envie de franchir le cap ? Voici quelques conseils pour bien démarrer :

  • prenez le temps : posez-vous et définissez ce que vous voulez faire avec le digital, en tenant compte de votre activité
  • faites le bilan : listez vos compétences, et les outils déjà utilisés
  • définissez un budget et le temps que vous voulez y consacrer
  • faites-vous conseiller
  • allez-y pas à pas (un sprineur à d’abord appris à courir avant de faire un 100 mètres)
  • Soyez patient : « ordre, méthode et persévérence » seront les clés de votre réussite

[1] Michel Serres – Petite Poucette – Editions Le Pommier – Année 2012