On a beau faire attention à l’environnement… Préférer les transports en commun ou le vélo et autre trottinette à la voiture… Trier nos déchets, éteindre la lumière quand on est le dernier à sortir d’une pièce… Cultiver son potager et faire son compost, privilégier la consommation en vrac et en mode « circuit court »… Acheter des ampoules basse consommation… On a beau faire tout ça, notre impact environnemental négatif reste conséquent. Pourquoi ? Notre rapport à l’Internet ! Notre présence sur la toile est très loin d’être sans conséquence pour l’environnement.

Quelques chiffres sur l’impact environnemental d’Internet

L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), a déjà sorti depuis longtemps un guide de sensibilisation sur le sujet : « La Face Cachée de l’Internet« . Pourtant, les articles dans la presse restent rares et discrets sur ce sujet de l’impact d’Internet sur l’environnement et le réchauffement climatique.

Un petit « plombage de moral » avant les Fêtes de fin d’années ? Ok, c’est parti !

Dans le monde, 9 milliards d’appareils connectés !

Ce sont les ordinateurs, smartphones, tablettes, objets connectés (en plein boum, ces derniers ! 8,4 milliards devraient -consolidation du chiffre après les fêtes- avoir été vendus en 2017 soit 36% de plus qu’en 2016), 45 milliards de serveurs (nécessaires pour stocker et diffuser) dont l’immense majorité ne tourne pas avec de l’énergie renouvelable, 800 millions d’équipements réseau (routeurs, box ADSL…), qu’il faut bien entendu :

  •  tout d’abord fabriquer – je ne parle pas ici de l’impact social, mais vous êtes-vous déjà demandé où, par qui et dans quelles conditions étaient fabriqués nos appareils connectés-,
  • ensuite transporter du lieu de production jusque chez le client final, faire se déplacer des professionnels pour l’installation, la maintenance…
  • enfin… alimenter en énergie.

En une heure, 8 à 10 milliards de mails sont échangés dans le monde

… (hors « spams »).

Plus de 180 millions de recherches sont réalisées sur Google, toujours en une heure. Ok… Et alors ?

Alors :

  •  Internet, c’est 7% de la consommation d’énergie mondiale, +12%/an… (Source : Greenpeace, « Clicking Clean : Who Is Winning the Race to Build a Green Internet ? »)  Notons qu’à ce jour, on est en gros à 42% de la population mondiale qui est connectée à Internet. Imaginez quand tout le monde sera branché sur la toile !
  • En France, c’est 13% de la consommation d’énergie (Source : Fabrice Flipo, Michelle Dobré et Marion Michot, La Face cachée du numérique. L’impact environnemental des nouvelles technologies, L’Échappée, 2013) qui sert à faire tourner cet outil magique qu’est l’Internet et dont nous ne saurions plus nous passer aujourd’hui (sauf contraints et forcés).
  • A noter qu’une simple requête sur Internet émet 20 milligrammes de CO2… par seconde. C’est peu ? L’impact Carbone d’Internet (fabrication, transport, utilisation, maintenance), avec plus de 3,5 milliards d’humains connectés, est aujourd’hui supérieur à celui de l’industrie aéronautique et des transports aériens avec presque 3% du total des émissions mondiales de GES (Gaz à Effet de Serre).

Internet, on l’utilise à la maison, et au bureau.

Résultat, en France, chaque salarié (non… chaque travailleur) émet en moyenne (Source : benchmark GreenIT):

  •  360 kg de CO2/an (équivalent à 2.400 km parcourus en voiture)
  • 3.460 kWh d’énergie/an (c’est comme laisser 80 ampoules basse consommation allumées 8 heures durant pendant 220 jours)
  • 5.000 litres d’eau (2,5 packs de 6 bouteilles par jour travaillé… Pour votre santé, il est recommandé d’en boire moins)

On va mourir ou pas ?…

Positivons ! Et pour vous y aider, je vais vous offrir un petit cadeau pour Noël.

Limiter son impact sur l’environnement quand on « surfe ».

Si un geste aussi simple que lancer une recherche par mot clé sur un navigateur Internet peut avoir un impact aussi considérable sur l’environnement, il doit être tout aussi simple de limiter cet impact, non ? Effectivement, à la maison, au bureau, faisons preuve d’un peu de bon sens.

Premièrement, les mails

  • Évitons les réponses groupées (notre réponse mérite-t-elle que l’on se jette sur le bouton « Répondre à tous » ?) et les envois en nombre;
  • Évitons les pièces jointes trop volumineuses (compresser le fichiers à envoyer, c’est une bonne idée).
  • Installons un anti-spam, nettoyons régulièrement notre boîte mails (les vieux mails sont forcément hébergés quelque part. Est-ce bien utile ?).

Deuxièmement, l’utilisation des moteurs de recherche ?

  •  Tout d’abord, mettons les sites sur lesquels nous nous rendons régulièrement dans nos favoris pour éviter de lancer une recherche : ça divise par 4 les émissions de gaz à effet de serre.
  • Ensuite, lançons des recherches avec les mots clés les plus précis possible afin de trouver plus rapidement la réponse la plus appropriée. Bien connaître son navigateur et des fonctionnalités, ça aide.

Troisièmement, l’utilisation de notre matériel ?

  • Réglons par défaut nos imprimantes sur une impression en noir et blanc, recto-verso (voire avec une impression de 2 pages par face).
  • N’imprimons que ce qui est réellement indispensable : encouragés par le coût des consommables, notamment de l’encre…
  • Coupons les ordinateurs et la box quand on ne s’en sert pas.
  • A l’achat, préférons un ordinateur portable qui consomme 50 à 80% d’énergie de moins qu’un ordinateur de bureau… Et pensons à son recyclage quand il arrive en fin de vie en l’amenant à la déchetterie.

Passage à l’acte

Tout d’abord, les petits gestes pour limiter, chacun à notre humble niveau, l’impact de notre usage d’Internet sur l’environnement, sont légions. Le petit guide dédié de l’ADEME en liste en certain nombre.

Ensuite, dans le cadre de mes activités professionnelles, la réflexion bat son plein sur « comment éco-concevoir la communication sur le net (site, réseaux sociaux) ». Il y aura certainement d’autres articles à venir sur le sujet. Aujourd’hui, ce n’était qu’une petite mise en bouche, une tentative de sensibilisation à gros bords…

En conclusion de Noël, il existe un autre geste radical et efficace : la déconnexion ! Pensez-y de temps en temps !