Comme je le disais dans mon article précédent, une bonne formation professionnelle est une formation basée sur l’écoute des apprenants, et cette écoute commence avant la formation pour la mise en place d’un programme utile.

Pourquoi une formation ?

Imaginions que vous deviez apprendre à vous servir de Photoshop. La question est, pour quoi faire ? Du détourage pour intégrer des objets dans un catalogue internet, des montages d’images pour illustrer des propos ou des annonces sur des réseaux sociaux, des retouches d’image pour l’intégration dans des objets imprimés… Chaque utilisation nécessite des connaissances et des techniques particulières et il est peut-être inutile dans un premier temps de tout apprendre.

Aussi, un bon programme de formation est un programme qui se construit avec les apprenants en fonction de leur besoin. Un programme générique peut être très bien, si on a le temps et c’est pourquoi je considère que dans le cadre de la formation professionnelle il est nécessaire de faire du sur-mesure.

Une formation, comment ?

Une fois le programme établi en fonction d’un but, il est nécessaire de mettre en place un calendrier. Et lorsque l’on est amené à faire de la formation en entreprise, on s’aperçoit rapidement que c’est un des plus grands défis, tant pour le formateur que pour les apprenants.

Aussi, je préconise en règle générale des séances d’une demi-journée espacées de deux à trois jours. Une demi-journée parce qu’il est souvent difficile de détacher quelqu’un de sa production une journée entière (trop de retard et donc, stress), espacées de deux à trois jours pour que la personne ait le temps d’essayer de pratiquer un peu ce qu’elle apprend sans que les séances soient trop éloignées les unes des autres.
Il est aussi important d’essayer de toujours rattacher l’enseignement que l’on apporte aux situations réelles des apprenants. Si on apprend Mysql et que l’on travaille dans une maison d’édition, faire des exercices sur les éleveurs de chats relève de l’incongruité (situation vécue en tant qu’apprenant). Il est donc toujours nécessaire, en tant que formateur, d’adapter les exercices que l’on apporte.

Une formation, et après ?

Et, nous sommes là dans le nerf de la guerre. Une formation ne peut se passer de suivi. C’est pour cela que je mets toujours en place deux choses :

  • Un suivi constant par mail et téléphone
  • Une séance de rappel dans les deux mois qui suivent pour voir avec les apprenants ce qui peut leur manquer, les difficultés qu’ils ont rencontrées et faire quelques piqûres de rappel sur les points essentiels et/ou oubliés.

Ce suivi n’est pas simplement une consolidation des acquis, c’est aussi la possibilité pour l’enseignant de continuer à éveiller la curiosité et l’intérêt de ses apprenants pour la matière enseignée. Prendre des nouvelles et dans le suivi, être disponible pour aller au-delà du besoin.

Une formation est un lien, c’est une responsabilité et ne pas suivre ceux que l’on a formés pourrait s’apparenter à un abandon. Il est important de rassurer, d’épauler, d’aider, et je crois sincèrement qu’une formation doit être construite du début à la fin avec les apprenants… même s’il n’y a pas de fin.