En 2015, Microsoft livrait les résultats d’une étude qui avait pour but de comprendre “à des fins publicitaires” la façon dont l’attention des utilisateurs d’écrans d’ordinateurs, tablettes et mobiles avait évolué dans le temps. Les résultats méritent qu’on se pose deux secondes pour y réfléchir.

Poisson rouge : 1 / Humain : 0

En 2000, un être humain était capable de rester attentif en moyenne… 12 secondes ce qui, convenons-en, n’est déjà pas énorme. En 2013, avec la multiplication des écrans (ordinateurs, smartphones, tablettes), notre niveau d’attention est descendu à 8 secondes en moyenne, plus bas que celui d’un… poisson rouge capable, lui, de nous fixer à travers la paroi de son bocal, pour tenter vainement de se rappeler qui nous sommes, pendant 9 secondes (en moyenne).

Au moment d’écrire cet article, l’information m’est revenue en tête. Je voulais vous parler communication de projet, stratégie, plan d’actions, méthode… Finalement, c’est une réflexion générale que je veux partager, parce qu’elle me concerne directement en tant que spécialiste de la communication de projets, parce qu’elle concerne chacun d’entre nous.

Deux stratégies de communication s’offrent à l’humain poisson rouge

Dans un monde où le temps a une fâcheuse tendance à l’accélération, où prendre le temps est considéré par certains comme un luxe (qu’on ne peut plus s’offrir ?), par d’autres comme une aberration (qui fait perdre du temps… Et donc de l’argent ?) prendre conscience que nous, humains, sommes de moins en moins capables de fixer notre attention, ouvre deux voies.

La première, qui a motivé cette étude, pousserait à simplement adapter les messages en fonction de cette nouvelle donnée. On peut faire confiance aux marketeurs pour réussir ces tours de force et nous convaincre de l’intérêt d’un produit ou d’un service en moins de 8 secondes à grands coups de messages toujours plus courts, percutants, stimulants, agressifs, au risque de devoir trouver un animal encore moins attentif que le poisson rouge pour adapter la comparaison, ce qui ne va pas être simple.

La seconde pistes, qui personnellement me parle davantage, consisterait à tenir compte de cette donnée pour fixer les 8 secondes d’attention d’un interlocuteur et l’amener à se dire que, peut-être, il y aurait un intérêt à porter une attention plus grande à ce qu’on vient de lui faire lire, entendre, voir.

Communiquer, c’est être simple, clair, pédagogique !

Cette seconde voie impose deux règles essentielles en terme de communication, deux règles qui, quel que soit le métier exercé, devraient tous nous guider.

Parler simple & clair : oublier le jargon, faire preuve d’empathie, se mettre à la place de son interlocuteur, utiliser des termes justes, compréhensibles par le plus grand nombre. Je n’en dis pas davantage, je viens de trouver l’idée de mon prochain article ! Vous avez 8 secondes pour faire passer votre message et… convaincre l’autre de s’y intéresser !

Etre pédagogique : Vous avez réussi à capter l’attention de l’humain poissons rouge ? Voici venu le temps d’expliquer, de mobiliser dans l’action en commençant par le début, le B A BA, en sensibilisant, en informant, en formant, en s’assurant régulièrement que l’on vous comprend, quitte à revenir en arrière, en accompagnant jusqu’au changement de comportement attendu… C’est la phase la plus sympathique, finalement, celle où il faut prendre le temps de prendre le temps…

Parler simple et clair pour convaincre facilement et rapidement. Être pédagogique et prendre le temps de l’explication pour accompagner les changements dans la durée et garantir la réussite des projets. C’est le préalable à toute bonne démarche de communication. J’aurais peut-être dû commencer par là…

Pour plus d’information à propos de l’étude citée dans cet article .