Nous allons voir dans cet article quel peut être le lien entre les Risques Psychosociaux d’un côté et les maladies professionnelles et accidents du travail de l’autre. Il n’est pas toujours aisé à délimiter.

Petit rappel : nous distinguons les accidents du travail des maladies professionnelles principalement par leur apparition. Les accidents sont soudains tandis que les maladies résultent d’une longue exposition, les symptômes ne se manifestent qu’avec le temps.

D’un point de vue législatif, il est de la responsabilité de l’employeur de déclarer tout accident du travail. Les maladies professionnelles sont, quant à elles, déclarées par l’employé à la CPAM qui étudiera le dossier.

Et les Risques Psychosociaux dans tout ça ?

Les Risques Psychosociaux (RPS) sont en lien avec certains accidents du travail et maladies professionnelles.

RPS et Maladies Professionnelles

Rappelons le, les risques psychosociaux sont des risques pour la santé mentale et sociale. Cela peut prendre la forme de maladies professionnelles.

Ainsi, l’organisation du travail peut porter atteinte à la santé physique, mentale et sociale des collaborateurs.

Un état d’anxiété généralisé ou une dépression sévère peuvent être reconnus d’origine professionnelle, y compris s’ils apparaissent dans la vie privée. Cela peut notamment être dû à la présence de facteurs de risques psychosociaux.

Certains syndromes post-traumatiques trouvent également leur origine au travail, comme c’est le cas de la violence interne ou externe, indicateurs de RPS.

RPS et Accidents du Travail

Si le lien n’est pas difficile à faire entre maladies professionnelles et risques psychosociaux, ces derniers peuvent également favoriser les accidents du travail.

Nous avons pu voir, par exemple, le cas particulier qu’est le présentéisme. Il s’agit de salariés présents physiquement mais mentalement absents, ayant du mal à se concentrer. Ce manque de concentration et de disponibilité cognitive est parfois à l’origine d’accidents du travail.

Il y a également le cas de l’optimisme comparatif qui mérite d’être cité dans le domaine des risques professionnels. Pour résumer cela en quelques mots :

Ça n’arrive qu’aux autres !

Nous avons tendance à penser que nous pouvons éviter ce qui arrive aux autres. Nous nous faisons davantage confiance en nos propres capacités qu’en celles des autres.

Un exemple simple est celui de la conduite automobile, notamment en ce qui concerne l’état d’ébriété ou le sommeil au volant. Nous avons tendance à penser que nous conduisons mieux que les autres, malgré notre état et que nous sommes à l’abri d’avoir un accident.

Ce phénomène se retrouve en entreprise : nous pensons également être capables d’éviter les accidents du travail. Nous avons confiance en nos capacités à éviter le pire.  Mais un accident est si vite arrivé !

Nous l’avons d’ailleurs vu, ils surviennent de façon soudaine, par définition !

De manière plus générale, certaines conditions de travail favorisent ces accidents et sont également facteurs de risques psychosociaux. C’est notamment le cas de la pression temporelle, source de stress, qui augmente la probabilité d’accidents lorsque l’opérateur se précipite pour effectuer sa tâche dans le temps imparti.

L’organisation du travail a également son rôle à jouer. Un accident peut survenir par manque de communication entre les membres d’une équipe.

Comme nous pouvons le voir, plusieurs éléments entrent en ligne de compte dans la prévention des risques professionnels.

Bilan

Nous avons pu voir le lien direct pouvant exister entre maladies professionnelles et risques psychosociaux. En effet, ces derniers sont des risques pour la santé mentale et sociale pouvant aller jusqu’à une dépression sévère ou un état d’anxiété généralisé.

Les violences ( interne ou externe ) peuvent également provoquer un syndrome post-traumatique, en fonction de la gravité des faits.

Le lien avec les accidents du travail est plus difficile à détecter, mais néanmoins existant.

En effet, certains phénomènes comme le présentéisme favorisent ces accidents, car l’opérateur n’est pas assez attentif à ce qu’il fait.

Il en va de même avec certaines conditions de travail, pouvant notamment générer du stress et pousser l’opérateur à se précipiter comme c’est le cas de la pression temporelle.

L’organisation du travail, comme un manque de communication, peuvent également aboutir à des accidents.

Dire que prévenir les RPS permet de réduire les accidents du travail et les maladies professionnelles serait un raccourci. Il n’en demeure pas moins que ces notions sont liées.

Certains accidents et maladies peuvent tout de même être évités en réorganisant le travail. La démarche de prévention des RPS vient justement interroger cette organisation.

Ces sphères sont plus ou moins reliées et perméables. Au cours de mes interventions, des éléments relatifs à la prévention des risques pour la santé physique se révèlent très informateurs en matière de RPS.

Cette journée dédiée à la sécurité et à la santé au travail nous permet justement de faire le lien entre ces notions, nous motivant à adopter une culture préventive et sécuritaire de la santé physique, mentale et sociale.