Qu’est-ce que le changement ?

Au XXIème siècle, le changement est devenu un état permanent ! « Ce qui ne change pas c’est le changement ! ». En effet l’accélération des éléments à traiter, les volumes d’informations disponibles, les modifications de l’environnement personnel ou professionnel sont tels que l’individu et le groupe auquel il appartient doivent en permanence « jongler », « composer », s’adapter.

Or ce que l’individu ou le groupe déteste le plus c’est… le changement !

Ah ! les guerres de bureau lors d’un déménagement, l’arrivée d’un nouveau logiciel « incompréhensible », d’un nouveau collaborateur « bof », d’un nouvel actionnaire « qui va nous faire cracher », de nouvelles règlementations « qui nous em…poisonnent »… et c’est la rébellion ou au mieux un retrait passif de toute action. Pourquoi ?

Une recherche permanente d’homéostasie

L’individu comme le groupe, face au changement va rechercher l’homéostasie, c’est-à-dire des points d’équilibre. Tout ce qui constitue pour lui le socle connu de sa situation passée et qu’il souhaite absolument conserver: « non je ne donnerai pas mon bureau, j’y tiens, tu comprends quand je suis arrivée…. ». Les arguments fusent pour conserver cette situation passée tellement rassurante. Les débats sont légions. Le passé apparaît tout à coup paré de mille vertus. Évidemment un observateur extérieur pourrait rapidement se rendre compte que ce n’est pas tout à fait exact, qu’importe. Je sais ce que je perds et je ne sais pas ce que je gagne. Et c’est bien là toute la difficulté.

Pendant cette période bousculée, souvent très forte émotionnellement, l’individu est aveugle.

Les différentes formes de changement

Le changement prend des formes différentes selon qu’il est imposé par d’autres ou volontaire (décidé par soi), et selon le temps accordé à sa réalisation. En entreprise les formes les plus fréquentes sont les changements prescrits (vous n’avez pas le choix) et souvent rapides voire brutal, ils prennent alors la forme d’une crise. Au niveau national, voire mondial, la crise dont vous entendez parler depuis 30 ans est « juste » un changement contraint et rapide pour lequel nous n’avons pas encore trouvé notre homéostasie. Parce que oui, à un moment donné de nouveaux points d’équilibre apparaissent… avant d’être impactés eux même par de nouveaux déséquilibres ! Ainsi va la vie.

La transformation des équipes et des organisations

Alors dans ce cas, puisqu’il s’agit d’un état permanent, pourquoi faut-il l’accompagner ?

Ce qui plonge les équipes et les individus dans le désarroi, c’est principalement que ces changements n’ont pas de sens. C’est absurde ! C’est contre-productif ! Ça n’apporte rien ! Le chef d’entreprise, le manager sont partagés eux aussi, personne n’y voit vraiment clair.

Accompagner, qui signifie : marcher sur le même chemin en partageant le pain, permet de partager et d’avancer ensemble. Être accompagné c’est prendre appui pour retrouver ses points d’équilibres, en individuel ou en collectif : donner du sens, partager le sens, avancer dans le sens.
Le changement est un passage d’un état à un autre, c’est pour cela que le terme de « transformation » est aussi utilisé pour le qualifier. Cette transformation s’opère souvent conjointement entre l’organisation (les règles, les modes opératoires, la culture), les individus dans leur identité et leurs compétences, et le groupe dans ses attributions et ses relations. En fait il n’y a pas un seul changement, mais bien souvent plusieurs changements qui s’articulent, voire se percutent en même temps.

La valeur ajoutée de l’accompagnement

Accompagner est un métier d’équilibriste, savant mélange de posture, de compétence et de discernement. Il ne s’agit pas de prendre le pouvoir sur l’individu ou sur l’équipe, mais de (re)donner du pouvoir. Ce qui implique de connaître l’environnement dans lequel se fait l’intervention, de diagnostiquer ses points d’appuis, de sécuriser le parcours et d’autoriser l’autre à faire son expérimentation du changement. Le professionnel de l’accompagnement est dans une posture d’écoute, une relation de parité, avec des objectifs de progression. Il est attendu sur un résultat… qui lui échappe ! Pourquoi ? Parce qu’il va laisser une latitude suffisante à l’autre pour trouver ses points d’équilibre, ses cadeaux cachés. Et souvent le résultat dépasse toutes les espérances !