Souvent l’apanage des grands groupe industriels à ses débuts, le Lean fait ces dernières années une percée dans le monde des PME et dans des domaines comme les grandes administrations les banques ou les hôpitaux. Au-delà d’un effet de mode, ce succès est dû à l’efficacité certaine de la méthode et à ses résultats parfois au-delà des espérances.

Qu’est ce que le Lean?

Pour comprendre la démarche, traduisons tout d’abord le terme anglais « Lean ». En français maigre ou mince. Au sens d’une organisation qui comparativement à un individu aurait perdu ses kilos superflus et donc aurait atteint son poids de forme et ainsi sa meilleure efficacité en termes de performance sportive.

Le but ultime est de maximiser la valeur ajoutée en éliminant ou en réduisant les gaspillages de toutes natures. La valeur ajoutée est ce pourquoi le client est prêt à payer. Tout le reste est gaspillage. La particularité de ces « gaspillages » – au sens de l’approche Lean – est qu’ils sont souvent quasi invisibles avant d’avoir cherché à les identifier et avant de les avoir mesurés. Le fait de vivre avec depuis plusieurs années les a rendu communs au point de les considérer comme naturels, inévitables voire nécessaires ! Par exemple les transports de produits ou les déplacements de personnes.

La démarche Lean

Un consultant commencera toujours par un diagnostic. Celui du Lean est appelé « Cartographie du flux de valeur » (Value Stream Mapping ou VSM en anglais). Derrière ce terme qui pourrait paraitre quelque peu « pompeux » se cache un outil propre à débusquer les zones où se cachent les gaspillages. Il s’agit de mettre sur un document synthétique un ensemble d’informations relatives aux flux de produit, de communication, de personnes, le tout avec des indicateurs pertinents pour estimer les gaspillages.

La démarche Lean a cette particularité de bousculer nos paradigmes. On peut être fier de son unité de production ou de son centre de profit, cependant on y génère des gaspillages ! Il faut en prendre conscience. Cette étape représente souvent une difficulté pour certains managers. Le diagnostic montre parfois que le temps à générer de la valeur pour le client est infime lorsqu’il est rapporté au temps passé à générer du gaspillage. Passé cette étape de prise de conscience, vouloir faire disparaitre ces gaspillages ou tout au moins les réduire devient un objectif primordial. C’est là l’âme de la démarche Lean.

Faites appel à un consultant externe !

Nous l’avons dit, voir les gaspillages n’est pas chose facile. Cela nécessite une formation et un entrainement. Cette compétence le consultant l’a. De même sa vision extérieure lui permet de garder son objectivité et de se demander si telle ou telle pratique est génératrice de gaspillage sans tomber dans l’acceptation fataliste.

Par ailleurs après le diagnostic arrivera le temps de la mise en place des axes de progrès pour lesquels ses expériences passées dans ce domaine lui permettront de mettre en place des solutions adaptées à votre entité. La boite à outils des solutions Lean est grande et il faut toujours adapter les solutions à l’environnement, au contexte industriel à la culture de l’entreprise et aux hommes. Une démarche Lean n’est pas la simple application de recette ou de bonnes pratiques. Elle nécessite un changement de mentalité.

Par ailleurs le consultant devra aussi maitriser les techniques de résolution de problème, des plus simples comme le QRQC (Quick Response Quality Complaint) aux plus complexes comme le Six Sigma. Il serait vain de vouloir optimiser un processus qui connaitrait des aléas de fonctionnement récurrents. Si on prend l’image, par exemple, d’une activité concernant la livraison cela revient à dire qu’il serait inutile de vouloir optimiser un plan de charge et une route de livraison sans résoudre les problèmes de pannes du véhicule et de fiabilité des aides au chargement.

Il n’existe pas de solution idéale et la démarche ne vise pas à la perfection. Les gaspillages seront toujours là, certains nécessaires. L’action doit viser à les reconnaitre, éviter d’en rajouter, diminuer ceux qui existent. Cette démarche s’insère dans le cadre de l’Amélioration continue. Rien n’est acquis. La perfection est une cible idéalisée mais inatteignable. S’en rapprocher est une démarche qui nécessite une remise en question périodique, un long chemin fait de progrès en progrès.