Comme évoqué lors d’un premier article en septembre dernier, le Made In France constitue une forte évocation du territoire et une garantie de qualité, un gage de sérieux pour le consommateur.

Made in France : une réussite en France

Le succès actuel du label Bleu, Blanc, Rouge ne fait plus aucun doute : développement des marques sous cette bannière (le Slip français, Nissan, Camif, Fleurance nature,…), prospérité des produits de terroir sous le sigle AOP (Vins, Spiritueux, Fromage, Légumes…), réussite incontestée du salon Made In France Expo… tout nous entraîne vers une success story. A cela s’ajoute la croissance continue du secteur du luxe (5% en 2017).

En France, le critère du lieu de production satisfait un certain nombre de consommateurs car il correspond à un idéal quant aux attentes sociétales actuelles : respect de l’environnement, respect des lois sociales françaises, authenticité, réassurance sur la qualité du produit, …

Ces consommateurs sont bien souvent des millénials (15-34 ans), accros aux réseaux sociaux. D’où la facilité d’achats, la réactivité, le circuit court qui engendre de réelles économies sur les coûts. Dans un prochain article, nous verrons comment le digital booste les ventes du Made In France.

Selon l’Ifop, nous sommes même 29 % à accepter de payer un produit 5 % à 10 % plus cher s’il est produit dans l’Hexagone ! Le facteur prix, pour une partie des consommateurs français, est donc secondaire par rapport à la provenance du produit.

A L’EXPORT, L’AVENTURE EST PLUS DÉLICATE… LE MADE IN FRANCE A DU MAL À FAIRE SA PLACE

L’institut de recherche COE-Rexecode évoque des exportations décevantes pour l’année 2017. En effet, la part des produits français dans l’exportation des pays de la zone euro est tombée à 12,9 % contre 17 % au début des années 2000.

Les produits français rencontrent des difficultés à s’exporter en raison de leurs prix non attractifs (toujours selon Institut COE-Rexecode). La qualité, l’authenticité et le label sur les marchés export sont alors balayés par l’effet prix. La valeur ajoutée du produit français est moins visible à l’étranger qu’en France.

Cependant, ce constat est différent pour les produits de luxe. En effet, le critère prix est inversé donc : plus le prix est cher plus le produit acquière une attractivité, une désirabilité pour le consommateur. C’est donc une aubaine à saisir pour les acteurs du luxe français à l’étranger.

Alors le Made in France est-il un gage de réussite commerciale ?

On peut répondre par l’affirmatif pour les consommateurs français. le Made In France séduit de plus en plus. Ils restent fidèles à leur passé, attachés à leurs valeurs de philanthropie. La qualité du produit demeure donc un critère primordial.

A l’export, on peut mieux faire… nous sommes alors dans une dimension culturelle différente de la nôtre qui nous échappe. Nous ne sommes pas assez ouvert d’esprit pour nous permettre une adaptation plénière et interculturelle. Une meilleure empathie, compréhension et analyse des attentes clients à l’export seraient plus que bénéfiques. De plus, les produits français sont certes jugés qualitatifs, mais trop peu innovants et considérés trop chers. Contrairement au marché français, l’effet prix à l’export constitue un frein important. L’identité et la qualité ne suffisent pas et le label Bleu, Blanc, Rouge dans ce cas reste inopérant…

En revanche, on voit bien comment les produits dit expérientiels, ne connaissent pas cet aléa : spiritueux, vins, produits de la mer, séjours hôteliers… produits de bouche ou toutes mises en œuvre de l’art de vivre à la française déploient une croissance forte.

Rappelons à ce propos, les chiffres en valeur export 2017 du secteur Vins et Spiritueux : + 8,5 % et du secteur du luxe : + 6 %. Le plaisir des papilles et l’expérience consommateur de ces secteurs l’emportent à l’étranger !

Pour conclure, le Made In France est un atout pour le marché français mais à transformer pour l’Export sur les critères prix, innovation et attentes consommateurs !

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