Le mot « objet » désigne communément une chose concrète, précise, que l’on peut toucher ou voir. Un objet connecté serait donc une chose concrète qui communique mais… vers qui ? Quelles informations ? Par quels moyens et sous quelles formes ? Dans quel but ?

Les réponses à ces questions sont tout de suite moins évidentes et on s’aperçoit là que la conception d’un « objet connecté » n’est pas restreinte à l’objet en lui-même, loin de là. Du point de vue du développement, il serait alors, à mon sens, plus adéquat de parler de « solution connectée« .

L’objet connecté, une complexité au service de la simplicité

1Les problématiques résolues par les objets communicants sont souvent assez simples. A l’inverse, les solutions mises en œuvre sont plutôt complexes.

On peut y trouver du plastique, du métal, du tissu ainsi que de l’électronique, et plus encore comme une application Android, une base de données distante, des mises à jour à distance, etc… On se rend compte assez rapidement qu’il est nécessaire d’avoir une approche pluridisciplinaire pour estimer au plus juste les efforts en fonction des compétences requises et de l’environnement de développement.

 

Ce n’est pas simple car le modèle économique d’un objet connecté ne permet souvent pas de disposer de gros effectifs de R&D mais nécessite pourtant des compétences pointues dans de multiples domaines. Un oubli à cette étape peut se traduire par du temps de développement supplémentaire, par une forte augmentation des coûts, par une dérive du planning, avec parfois l’abandon du projet en guise de conclusion.

Après l’étape de développement du produit, l’autre étape importante est son industrialisation, procédé qui permet de se mettre en ordre de marche pour fabriquer le produit en quantité adaptée au marché ciblé tout en respectant les coûts visés.

A ce stade, la qualification de fournisseurs et de sous-traitants s’avère déterminant. Sont-ils dimensionnés pour le travail demandé ? La qualité est-elle au rendez-vous ? Ces intervenants peuvent être situés dans le même pays comme de l’autre côté de la planète, comment les trouver, les contacter, les sélectionner ?

Définir l’usage

En abordant quelques aspects de la création d’un objet connecté, on se rend assez vite compte que le travail de définition du projet au sens large est primordial.

Dans un contexte industriel et commercial, il est important de partir dans la meilleure direction en termes de choix technologiques, de coût, de planning, d’organisation, pour qu’au final le produit mis sur le marché ait une pertinence fonctionnelle et économique.

Une solution connectée répondant à une problématique identifiée, le mieux placé pour la cerner reste celui qui est le plus proche de son usage. Le transporteur pour sa solution télématique, l’industriel agroalimentaire pour sa solution de traçabilité, etc… Or celui-ci est bien souvent très éloigné du monde du développement car ce n’est pas son « business ». Mais à mon sens, il serait dangereux qu’il se désengage totalement du développement car c’est lui qui restera le garant de l’adéquation entre le produit développé et l’usage qui en sera fait au final.

Il faut aussi garder à l’idée que les développeurs sont souvent autant éloignés de l’usage que l’utilisateur final l’est des procédés de développement, d’où l’importance d’interfaces expérimentées de communication entre les différents acteurs du projet.

L’importance de la définition du projet

Dans toutes créations, bien qu’il y ait certaines évidences, il n’y a pas de vérité absolue. Il est souvent possible de répondre à une problématique par différentes approches. Que faut-il vraiment développer ? Existe-il des éléments « sur étagère » intégrables à la solution globale ?

Cela parait évident mais l’exercice laisse encore moins de place à l’erreur lorsqu’il s’agit de concevoir un produit de haute technologie destiné à un public parfois volatile.

Une des premières marches importantes consiste à identifier la problématique en ayant une approche système la plus globale possible. Il ne suffit pas de survoler les domaines mais bien de les analyser avec précision et identifier les risques au plus tôt, qu’ils soient techniques, organisationnels, financiers, environnementaux, etc…

Créer un objet connecté en gardant en tête cette notion de « solution connectée » permet sans doute d’inscrire son développement dans un environnement global, augmentant alors ses chances de réussite.

 

3Le développement d’un objet connecté reste complexe et fait intervenir un bon nombre d’intervenants spécialisés de manière ponctuelle et à différentes étapes. Une approche multidisciplinaire alliant expertises pointues et vision globale est nécessaire, l’usage de l’objet étant à la fois le point de départ et l’objectif du développement.

Ne pas hésiter à prendre conseil pour bien aborder le démarrage d’un tel projet !