On a coutume de concevoir un discours, une conférence, comme de la communication « descendante ». Oui, une personne parle, quelquefois du haut d’une estrade, debout dans la lumière et l’assemblée écoute, assise, quelquefois dans l’ombre. Les rôles sont clairs.

Bien sûr vient le moment des « questions-réponses », mais là encore souvent l’assemblée questionne l’expert, qui répond, et garde le micro ! A l’époque des réseaux sociaux, des classes inversées, du partage du savoir, il est sans doute temps d’expérimenter d’autres formes.

Comment, tout en préservant l’impact d’une parole adressée, intelligente, argumentée, porteuse de valeurs et de sens, créer les conditions d’une participation plus forte de la salle ? Comment permettre au maximum de participants d’échanger, de s’exprimer, s’ils le souhaitent, et d’oser s’impliquer ?

Voici quelques pratiques novatrices, vues ici et là.

QUESTIONNER L’ASSEMBLÉE AU DÉBUT

Éclairer la salle si elle est dans l’ombre, et poser des questions comme : « Combien d’entre vous ont… ? ». On peut demander aux personnes qui répondent de se lever pour que tout le monde les voie. L’assemblée se repère, s’exprime déjà, se reconnait. C’est souvent un moment joyeux.

METTRE EN PLACE DES ÉCHANGES à DEUX

Proposer, après un certain temps, aux spectateurs d’échanger, s’ils le souhaitent, avec leur voisin, soit sur ce qui les amène, soit sur ce que déclenche ce qui vient d’être dit. Ceci peut être renouvelé au cours de l’intervention (« Vous pouvez changer de voisin, si vous voulez ! »)

Le brouhaha sympathique permet au passage à l’orateur de « prendre le pouls » de son auditoire et de l’observer.

DEMANDER DES RÉACTIONS RÉGULIÈREMENT

S’arrêter souvent, et demander qui a une réaction ou une question. Privilégier la réaction : « Comment réagissez-vous à ce qui vient d’être dit ». Les plus courageux vont prendre la parole. Leur faire passer un micro si on peut, sinon reformuler les questions pour que toute la salle soit informée. Les échanges entre participants peuvent avoir lieu mais comme il est rare de disposer d’un micro par participant ; ces échanges sont régulés de fait.

Ne pas hésiter à demander : « Et comment vous sentez-vous avec ça ? ». Cette question oriente l’assemblée vers une expression personnelle, plutôt que sur un questionnement qui reste dans le mode « descendant ». Cette expression plus personnelle encourage les autres participants

PROPOSER UN MOMENT DE SILENCE

Proposer après un certain temps- ou avant la conclusion- un moment de silence collectif pour inciter les participants à se mettre à l’écoute de leurs réactions. C’est un moment fort si l’assemblée joue le jeu.

PROPOSER à LA FIN UNE RÉFLEXION EN « GRAPPES »

Proposer un moment de réflexion de quelques minutes en « grappes » de 4 ou 5 personnes, avec un rapporteur sur des questions comme :« Qu’est-ce qui vous intéressé ? Touché ? Questionné ? Avez-vous des objections, des propositions, des expériences à partager ? ».

Tous les participants peuvent ainsi pu s’exprimer, échanger sous une forme ou sous une autre. De plus cette expression et ces échanges sont un gage d’appropriation.

Un nouveau challenge se présente ainsi aux conférenciers, experts et managers : prévoir du temps dans leurs interventions pour ces échanges et être prêts à partager, à écouter, à se taire ! Ils deviennent alors des « orateurs  interactifs », des « orateurs-animateurs ». Presque des « orateurs inversés » !