Avoir une présence en ligne, une identité numérique, travailler son personal branding… Ok, on a bien compris que c’était important pour notre carrière, notre entreprise, la suite du parcours et notre crédibilité. N’empêche, ceux qui en ont déjà tâté dans leur univers personnel le savent, le maniement des réseaux sociaux provoque aussi parfois de petits dégâts pour l’ego. Au nom du proverbe qui dit que l’on souffre moins en étant averti du péril qui guette (vous chercherez), voyons en quoi les réseaux sociaux rendent parano.

La perfection des autres nous file des complexes

Regarder comment nos « amis » profitent à fond de leurs vacances, dans des paysages de rêve, des hôtels avec piscine à débordement, en pratiquant du parachute ascensionnel éventuellement, et semble-t-il, assez souvent, réussissent trop bien leurs gâteaux compliqués, ont des enfants au physique parfait… cela peut donner des complexes.

Ne plus avoir de notifications, c’est comme un désert social

Le moindre retard, voire l’absence de réactivité à l’envoi d’un mail, d’autant plus s’il est compliqué, nous a réclamé du temps, de rassembler des documents, d’un sms dans lequel on a mis tout ce qu’on avait, d’un Messenger ou What’app, d’un post Instagram dont on espère des like et commentaires… et c’est le drame.

Toutes ces actions sur les réseaux, de production de contenu pro ou perso, génèrent qu’on le veuille ou pas une attente, une tension qui croît au fur et à mesure que le temps s’écoule. En l’absence de réaction du destinataire, de notre communauté, et même de la vaste cohorte des internautes qui nous sont totalement inconnus, c’est le dépit qui sourd, la perte de confiance en soi qui guette, l’inquiétude qui monte. Avec comme corollaire en cas de prolongation des silences, l’insidieuse pensée qui fait son chemin : et si j’étais nul(le) ? Et si je ne valais rien ? Et si ce que je dis-fais-montre dans la vie n’intéressait personne ? Et si ma personne comptait si peu qu’elle laissait le monde indifférent ?

Que celui qui n’a jamais été effleuré par l’une ou l’autre de ces pensées me jette le premier commentaire (Ahah ! Vous le voyez le syndrome, là ?)

Gaffe aux fakes

Les réseaux sociaux ont ceci de bien commode qu’ils nous mettent tous en relation, techniquement, théoriquement, sur un pied d’égalité. Et c’est vrai, rien de plus facile que de mentionner dans un tweet Nikos Aliagas, Emmanuel Macron ou Justin Bieber. Sauf que. Sauf que d’abord, ce ne sont pas toujours les susdits nommés qui administrent eux-mêmes leurs comptes. Qu’il faut savoir faire la différence entre un compte officiel et un « fake », tenu par un anonyme se faisant passer pour une personnalité.

Je me souviens encore de ma fausse joie croyant que Charlotte Gainsbourg s’intéressait à ma gazouillages, et de ma déconvenue tout aussi immédiate sous les moqueries de #MaFilleChérie, adolescente scotchée à Snapchat et Instagram, m’apprenant dans la foulée, l’œil triomphant de sa supériorité numérique, l’existence de ces comptes truqués.

Transversaux mais pas égaux

Derrière cette pratique faussement aisée, se fabrique la théorie de la fameuse transversalité : nous sommes tous égaux devant les réseaux sociaux. Excepté que bien logiquement, mieux vaut être connu « avant » pour cumuler un nombre record de followers ou d’amis. Que l’on peut être suivi pour de mauvaises raisons (juste passer à la télévision) et créer de l’engagement sous des prétextes… douteux (avoir un imposant popotin, si possible siliconé, et renoncer à jamais aux délices de la vie privée). Accéder au statut d’ »influenceur », comprendre un gros générateur d’engagement, ne fait pas de vous quelqu’un d’accessible. Et ce n’est pas parce que l’on gazouille sur le même réseau que l’on est pour autant égaux.

Sautiller de joie pour un like

A l’opposé de la paranoïa surdimensionnée générée par les réseaux, existe aussi l’enthousiasme immodéré que peut provoquer un like, une mention voire un RT de la star adulée. Vécu, le sautillement de joie, la banane qui va avec et le récit précis de comment s’est arrivé, le jour où la gamine reçut une réponse à son tweet d’une de ses stars de série américaine. La fierté n’aurait pu avoir plus parfaite incarnation ce jour-là. « Tu te rends compte maman, elle m’a répondu ! »

Keep calm les gens

Ne nous leurrons pas. Ce n’est pas parce que Sandrine Kiberlain ou Sophie Marceau se prennent en selfie aussi que nous allons devenir copines. Et ce n’est pas parce que mes messages restent parfois sans retour, ou qu’un sms tarde à venir, que je suis vouée dans un avenir proche à une solitude crasse, à l’abandon de l’humanité.

Keep calm comme dirait un générateur de citation célèbre. Tout va bien se passer. Levons la tête de l’écran et savourons notre richesse intérieure. C’est chouette d’avoir des followers, mais l’inverse n’est pas la misère non plus.

Et en marketing, un lead qualifié vaut bien mieux qu’un long fichier pas bien ciblé. CQFD.