Selon une étude l’INSEE de 2010, 1 créateur sur 3 était salarié avant de se lancer. Ce qui signifie que sans le savoir, vous avez certainement un ou des salariés qui rêvent d’un projet de création d’entreprise. Alors que faire si l’un d’entre eux vient vous voir ? Et pourquoi aider à révéler ces porteurs de projets ? Il vous en a parlé ou pas. C’est l’un de vos meilleurs éléments ou pas, vous ne voulez pas qu’il parte ou si justement, que faire… deux solutions s’offrent à vous :

  • soit vous l’ignorez et le laissez se débrouiller tout seul,
  • soit vous favorisez sa révélation et lui permettez d’étudier son projet de création d’entreprise.

NE RIEN FAIRE : à QUEL PRIX ?

Dans la première option, vous vous dites certainement qu’il partira de lui-même s’il est vraiment déterminé ou qu’il abandonnera rapidement si son projet n’est pas très sérieux. C’est vrai mais avant qu’il ne parte ou qu’il abandonne cela peut durer un certain temps…au détriment de son implication dans son travail et de son bien-être dans l’entreprise.

Bien souvent cela aura des répercussions sur son équipe, ses collègues qui l’entendront bougonner sur le manque d’aide de son employeur, ou simplement palabrer sur son projet, ou sans en parler il pourra être trop absorbé par son projet et risque à terme de détériorer ses performances, son implication…devenir le grain de sable qui ralentit la machine. Et s’il part de lui-même, il risque d’égratigner l’image de votre entreprise auprès de futurs candidats, des institutions locales, de vos clients, de vos fournisseurs… et ça c’est mauvais pour votre réputation et votre business.

S’OCCUPER DE LUI : TOUS LES BENEFICES POUR VOTRE ENTREPRISE ?

Vous n’y aviez pas pensé mais s’occuper d’un salarié porteur de projet c’est aussi pour vous la possibilité :

  • D’utiliser le potentiel entrepreneurial de ce salarié pour l’entreprise. Et oui, cela signifie que c’est un salarié qui prend des initiatives, qui a envie de progresser et son énergie peut-être utilisée pour des projets en interne. Pourquoi pas sur l’élaboration d’un nouveau produit / service ? Sur un projet d’innovation des processus de fabrication ?
  • De gérer les emplois et les compétences en favorisant la mobilité des salariés. Il n’est peut-être pas le seul ? Il pourrait d’ailleurs s’agir d’externaliser un service que vous n’arrivez pas à rentabiliser en interne ? Et ainsi éviter un licenciement contraint et offrir à vos salariés la possibilité d’un départ choisi.
  • Montrer l’exemple et faire évoluer la culture de l’entreprise en valorisant la prise d’initiative. Un enjeu majeur des entreprises est de rester compétitives et les idées ne viennent pas toujours d’en haut. Voyant que vous avez écouté l’un d’entre eux, cela permettra d’aider d’autres à se faire entendre.
  • Participer au développement du tissu économique des territoires sur lesquelles vous êtes implanté et nouer des partenariats avec les acteurs locaux. Vous aurez peut-être besoin de soutien pour l’implantation d’un nouvel établissement, d’aides financières pour rénover votre outils de production, ou d’aides pour recruter des salariés qualifiés et l’ensemble de ces acteurs seront plus enclins à vous écouter si vous agissez vous-même favorablement auprès de vos salariés. Sans compter que votre salarié pourrait bien lui-même créer des emplois et participer au développement économique local !

C’est ce qu’on appelle de l’essaimage, l’idée de créer une autre ruche grâce à l’une de vos abeilles !

S’OCCUPER DE LUI : COMMENT FAIRE ?

  • La formation, de la méthode, c’est bien …

Vous avez décidé de l’aider et vous avez dans l’idée de lui financer une formation via le plan de formation ou son DIF/CPF. Si possible courte, 1 semaine pas plus, qu’il ne perturbe pas plus l’organisation de la production. C’est bien mais malheureusement, en 1 semaine, il apprendra des choses qu’il aurait pu apprendre sur internet et qu’il n’aura pas le temps de mettre en pratique. Son envie ne trouvera pas de réponses, seulement des recettes dont il ne connait pas les ingrédients et qu’il ne saura pas forcément utiliser. Ce qui signifiera un retour à la case départ, vous n’aurez pas tué l’envie dans l’œuf, vous aurez juste remis de l’eau à son moulin ! Vous auriez mieux fait de ne rien faire ça vous aurait peut-être coûté moins cher…

  • L’accompagnement, le coaching entrepreneurial : pour une mise en action, c’est mieux !

La réponse la plus adaptée est encore de lui permettre d’être accompagné par un professionnel de la création ou reprise d’entreprise. Et je ne parle pas des chambres consulaires (CCI, CMA) souvent trop orientées sur les métiers qu’elles représentent et ne sauront pas l’aider en cas de doutes, d’interrogations par rapport à son poste actuel. Et surtout, ne le prendront pas en charge et ne vous feront aucun retour qui pourrait vous être utile dans l’évaluation du potentiel de ce projet ou du potentiel du salarié dans votre entreprise. Ce qu’il lui faut c’est véritablement un coaching entrepreneurial, qui l’aidera soit à concrétiser son idée avec méthodologie pour de meilleures chances de succès soit à abandonner avec sérénité son projet afin qu’il se consacre sans regret à son poste à l’issue de l’accompagnement.

  • La durée du coaching entrepreneurial : le diagnostic, la clef de l’élaboration du parcours

Elle est variable selon le projet et le salarié mais le mieux est d’opter pour une formule qui commence par un diagnostic. Le diagnostic aborde tous les éléments prérequis pour une création d’entreprise réussie. Il permet au salarié de s’autoévaluer et de connaître ses points de progrès. Et c’est ensuite qu’un programme de formation pourra être mis en œuvre si besoin. Il s’agit d’un investissement en temps de 1 à 2 heures par semaine pendant 1 à 3 mois et si votre salarié est motivé, il sera tout à fait d’accord pour prendre ses rendez-vous en dehors de ses heures de travail.

  • Le contenu du diagnostic réussi : un regard extérieur mais aussi permettre de confronter son idée à la réalité

Plus le consultant/coach est professionnel moins il jugera le projet de votre salarié et plus il l’amènera à autoévaluer ce dans quoi il s’embarque et ses chances de réussite. Et cela est fondamental dans le processus de décision de votre salarié. Cela peut nécessiter de confronter son idée à d’autres : de potentiels clients, prescripteurs, fournisseurs. Et c’est cela qui pourra prendre du temps ; en moyenne de 1 à 3 mois. Ce temps est nécessaire pour qu’il prenne sa décision en pleine conscience et lui permettre de déterminer ce qu’il sera : soit un chef d’entreprise averti soit un salarié investi !