Souvent assimilé à l’exposition aux Risques Psychosociaux, le terme « Stress » est tout à tour utilisé comme cause ou conséquence de ces risques.

Quel est le véritable lien entre le stress et les RPS ?

Le stress est-il une source ou une conséquence de risques professionnels ?

4 approches du stress

Il existe 4 principales approches du stress :

  • Stress – Stimulus (Cause)
  • Stress – Réponse (Conséquence)
  • Stress – Transaction
  • Stress – Divergence
    (N.B. : Les approches de Stress – Transaction et Divergence seront abordées dans un prochain article car la thématique est dense)

Stress – Stimulus : Cause de RPS ?

Selon cette approche, le stress est vu comme un « stimulus stressant » présent dans l’environnement de travail.

En fonction de sa fréquence, cela peut engendrer deux formes de stress :

  • Stress aigu
  • Stress chronique

Stress aigu

En présence d’un stimulus ponctuel, une situation peut s’avérer particulièrement stressante.

Il peut s’agir de situations inhabituelles et inconfortables comme par exemple la prise de parole en public. Ou encore, de situations d’urgence et d’imprévus demandant une réactivité accrue ou pouvant provoquer la fuite.

Bien que le stress ressenti puisse être intense, cette sensation jugée désagréable disparaît rapidement après l’événement stressant.

Bien entendu, ces situations ne doivent pas se multiplier. Les périodes de calme sont nécessaires.

Stress Chronique

Le stress chronique apparaît en cas de situations durables et/ou répétées.

Il s’agit de situations stressantes au quotidien, de conflits sociaux, de pression au travail, d’insécurité, d’exigences émotionnelles …. Cela peut être le cas des métiers en contact avec le public et/ou devant faire face à des urgences régulières.

Les effets néfastes du stress chronique s’installent progressivement. Comme nous pourrons le voir dans la seconde approche. Ils peuvent générer des problèmes de santé physique, mentale et sociale (d’où l’analogie avec les risques psychosociaux – RPS).

D’autant plus que selon l’INRS, les facteurs de stress sont similaires à ceux des RPS décrits dans le rapport Gollac :

Afin de réguler les exigences du travail, il convient de prendre en compte la nature de la tâche pour adapter la charge et le rythme de travail. Les objectifs doivent être clairs et atteignables dans les délais impartis.

La distribution des rôles y est particulièrement importante. Elle permet d’éviter toute ambiguïté ou conflit des rôles pouvant générer des situations stressantes.

De manière générale, l’environnement de travail joue un rôle important dans le stress (y compris l’environnement physique : bruit, chaleur…).

Par nature, un environnement inconnu peut être anxiogène. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est important d’accompagner les collaborateurs en cas de changement organisationnel.

En l’absence de transparence, de dialogue et de possibilités de participation, le collaborateur perd totalement le contrôle de la situation ce qui est une grande source de stress.

Il est rassurant de connaître les raisons et aboutissements du changement, ainsi que ses modalités de mise en exécution. Accorder un délai ou procéder par étapes peut s’avérer particulièrement bénéfique.

Bien que chaque individu ait ses propres sensibilités, il n’en demeure pas moins que les facteurs de stress doivent être prévenus par l’employeur dans une mesure collective et organisationnelle.

Cela permet d’agir directement à la source du problème et non sur les conséquences du stress.

Stress – Réponse : Conséquence des RPS ?

La seconde approche consiste à considérer le stress comme une réponse à un stimulus. Dans notre cas, il est alors vu comme une conséquence de l’exposition à des risques psychosociaux.

Il n’est effectivement pas rare de voir apparaître des manifestations de stress en prévention tertiaire. Comme nous allons le voir, il s’agit davantage d’un état d’épuisement qui apparaît lorsque le collaborateur n’a plus les ressources pour faire face à la situation.

Ainsi, selon Hans Selye, la réponse à un stresseur se fait en 3 étapes :

  • Alarme
    L’organisme se prépare à réagir et met le corps en état d’alerte en sécrétant des hormones (dont l’adrénaline notamment).
  • Résistance
    Si une première réaction au stimulus ne suffit pas, le corps sécrète de nouvelles hormones pour lui donner l’énergie nécessaire afin de résister plus longuement à la situation. Le taux de glucose devient alors élevé.
  • Epuisement
    Si le corps n’a pas pu faire face et s’écarter de la situation stressante, il s’épuise et n’a plus les ressources nécessaires pour résister.

Au début, l’individu se met en état d’alerte et résiste au stresseur, puis s’épuise. Ce qui donne lieu à plusieurs conséquences sur la santé physique, mentale et sociale : maladies, manifestations comportementales, représentations affectives et émotionnelles …

Symptômes liés au stress

Les symptômes résultant d’une exposition à un stress chronique peuvent être de plusieurs ordres :

Risques sur le long terme

Si la situation perdure, cela peut mener à certaines pathologies :

  • Syndrome métabolique
  • Maladies cardiovasculaires
  • Troubles Musculo-squelettiques (TMS)
  • Dépression et Anxiété

1. Syndrome métabolique

Ce syndrome résulte des réponses de l’organisme à l’état d’alarme et de résistance au stress.

Ces conséquences sont d’ordre physique suite aux sécrétions hormonales produites par l’organisme :

  • Hypertension artérielle
  • Obésité abdominale
  • Résistance à l’insuline
  • Cholestérol

2. Maladies cardiovasculaires

Ces maladies peuvent découler du syndrome métabolique cité ci-dessus.

Ce phénomène est exacerbé en cas de faibles marges de manœuvre et/ou un écart entre demandes de l’entreprise et ressources fournies par cette dernière pour y parvenir.

3. Troubles musculo-squelettiques (TMS)

Ces troubles ne se retrouvent pas uniquement en cas de gestes répétitifs ou stations prolongées.

A l’image des maladies cardiovasculaires, cela peut être dû à une faible autonomie, couplée à de fortes exigences de travail, ainsi qu’à un faible soutien social.

4. Dépression et anxiété

En cas d’exposition à un stress prolongé, cela peut mener à des troubles anxieux, un état dépressif, voir à des tendances suicidaires.

Cela est d’autant plus le cas lorsqu’un collaborateur doit faire face à de fortes exigences de travail, sans avoir de contrôle suffisant sur son activité, ni assez de soutien social lui permettant d’y faire face.

  • Mesures à prendre en priorité

Vous l’aurez compris, les collaborateurs ont besoin d’exigences du travail équilibrées et en accord avec les ressources mises à disposition pour atteindre les objectifs. Cela inclut un degré d’autonomie suffisant pour contrôler à minima son activité.

Le soutien social peut être une aide à la gestion du stress mais ne saurait suffire dans tous les cas.

En termes de prévention des Risques Psychosociaux, la mesure du niveau de stress ne s’avère pas toujours pertinente. En effet, comme nous avons pu le voir, il peut s’agir d’une cause ou d’une conséquence ponctuelle ou chronique.

Néanmoins, lorsqu’un niveau de stress particulièrement élevé est détecté à priori, le comité de pilotage peut décider d’en faire un indicateur de prévention des Risques Psychosociaux. Cela lui permet de suivre son évolution tout en jugeant de l’efficacité de la démarche de prévention mise en place.

Cet indicateur doit alors être intégré au Document Unique, tout en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’une mesure subjective du stress et non du niveau de stress objectivement présent dans l’entreprise.

Bilan

Selon les approches, le stress peut être traité comme une cause ou une conséquence sur la santé physique, mentale et sociale des travailleurs.

Ces conséquences dépendent du degré et de la fréquence d’exposition à des situations stressantes (causes).

Les facteurs d’exposition au stress sont reliés aux risques psychosociaux. C’est pourquoi une approche collective et organisationnelle est pertinente en se détachant d’éventuelles sensibilités individuelles.

Dans la partie 2 nous verrons les approches de :

– Stress – Transaction
– Stress – Divergence
Ce sera l’occasion d’en apprendre plus sur leur mécanisme et la façon de les prévenir.

A bientôt !

Yohanna Gomez